Chasser le naturel, il revient au galop...
Il y a environ 6-7 ans ma vie professionnelle a pris un tournant. J'ai réalisé pour la première fois ce que je voulais réellement faire. C'est apparu avec un fort désir de ne plus faire de "déco". Les raisons pour lesquelles j'étais entrée dans la déco étaient trop lourdes et douloureuses, et j'en prennais conscience. J'ai été alors très heureuse car j'avais enfin une réponse à une question que je me posais depuis tellement longtemps. Je veux être voix off, travailler avec ma voix, faire du commentaire de documentaire, faire de la radio, n'être qu'une voix. La voix ! Et c'est incroyable, à partir de ce moment comme tout est devenu limpide. C'est extraordinaire de découvrir des choses de vous même, qui existent depuis longtemps et que vous n'imaginiez pas. Du coup, j'ai revu le film à l'envers, flash back sur ma vie. Et en effet, la voix y a toujours occupé une place capitale. J'ai toujours été sensible au pouvoir de la voix, au caractère intimiste de la radio. Et surtout, je me suis souvenue de toutes ces personnes - elles ont été nombreuses et le sont toujours - qui m'ont sans cesse parler de ma voix, en termes systèmatiquement élogieux. Et pour la première fois, j'entendais ce qu'elles me disaient. C'est fou, car jusqu'alors, je n'en percevais que le contraire. On m'a dit plusieurs fois :"quelle voix !" et moi j'entendais "beurk quelle horrible voix !". J'étais ailleurs, très loin, à cette époque, loin de moi. C'est la plus grande des raisons à ce phénomène. Alors emportée par ce bonheur tout neuf et inédit, je me suis lancée dans une prospection sérieuse pour concrétiser mon désir. Ce fut un voyage difficile mais tellement beau, et qui n'est pas terminé. J'ai fais des "petites choses" avec ma voix et je continue mes recherches, car elle ne me permet pas encore d'en vivre. J'ai donc pris des boulots alimentaires. Et naturellement, j'ai prospecté dans la déco, mais ça me coûtais. Et là, j'ai vécu quelque chose d'incroyable. J'avais trouvé un job dans un atelier de décoration florale. C'est un travail que j'avais déjà fait et j'avais toutes les compétences. La personne qui m'a embauchée était très contente car elle pensait que j'étais trop bien pour le poste au vu de mon cv. Elle a vite déchanté et moi aussi. Deux jours de cauchemar pendant lesquels je lui ai massacré ses fleurs, incapable de quoi que ce soit. Comme si je voyais des fleurs pour la première fois de ma vie. Ce fût très douloureux. Ne plus savoir faire ce que vous maîtrisez depuis des années. Je passais mon heure de déjeuner à pleurer dans ma voiture. Tellement désolée pour cette personne qui m'avait fait confiance. Mais voilà, je ne savais plus. J'essayais. Mais rien. Juste, de la catastrophe. Je suis restée deux jours. Et j'ai rapidement compris et admis les raisons de ce fiasco. JE NE VOULAIS PLUS FAIRE DE DÉCO. Ma détermination était telle que mon corps l'avait entendu et annulé tout ce qu'il savait faire. J'étais époustoufflée et ravie, car il était maintenant clair que j'étais sur la bonne voix - et oui, encore elle !! - celle de me (re)trouver. Cela dit, je ne rejetais pas la déco de façon définitive et irrémédiable, car quoi qu'il en soit, c'était en moi, ça faisait partie de moi, mais j'avais le besoin vital que s'opère une rupture nette. Oublier tout. Et qu'un jour peut être... Et d'ici là, je verrai...Et puis comme le dit, l'adage, la déco est revenue au triple galop, mais différemment. Alors, je ne saurais pas vous expliquer en quoi c'est différent. C'est juste de l'ordre du ressenti. Je ne cours plus après les choses, je ne lutte plus. Oui oui, vous allez me dire : "mais keskelle veut dire ???" Je sais bien, c'est bizare, mais je ne peux pas vous expliquer. Certainement des gens qui ont vécu des choses similaires pourront comprendre. Un peu mystique tout ça, je dois dire.
Donc voilà, j'ai la déco et la voix et c'est bien. Par ailleurs, ce terme "déco" que j'emploi est un terme générique pour désigner l'ensemble de mon travail, mais qui ne me convient pas du tout, car trop restrictif. Alors à l'occasion, si parmi vous, quelqu'un aurait une idée pour qualifier mon travail de création d'un terme plus approprié, qu'il se fasse entendre !!
C'est drôle, moi qui ai toujours été seule et aimé l'être, je n'en ai plus envie. J'aimerais rencontrer quelqu'un qui crée comme moi, ou qui fait tout autre chose peu importe, avec lequel "m'associer". Travailler ensemble. Encore une fois, je n'ai aucune idée concrète, mais reste à l'écoute de toutes celles qui pourraient se présenter...
Allez zou, à la prochaine...

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